Le mot du Président:

Juin 2020

Chers amis du Château et des Musées de Blois,

Si 2020 s’était déroulée comme les années précédentes, la saison habituelle de notre association toucherait à sa fin. Encore une ou deux activités avant la traditionnelle dernière sortie de l’année, dans la deuxième quinzaine de juin, et… vacances pour tout le monde.

Mais depuis l’arrivée sur notre territoire de la nouvelle pandémie, la Covid 19 (le féminin a la préférence de l’Académie française), rien ne peut plus se dérouler comme nous l’avions prévu, parfois rêvé, organisé, travaillé, peaufiné.

Une grande partie de l’Europe, et du monde, s’est mise sur « Pause » pour protéger les peuples de la vague déferlante.

Les leçons de l’histoire (cf tableau ci-dessous) bien intégrées par les responsables sanitaires mondiaux qui conseillent les gouvernements ont conduit à la mise en place du confinement dont nous entrevoyons maintenant un possible desserrement, sans que soit pour autant écarté le risque de l’arrivée de la « deuxième vague » en plein cœur de l’été.

Nos préoccupations associatives sont certes peu de choses face à cette tourmente et nos enjeux bien en retrait du risque économique qu’engendre l’état de siège dans lequel nous sommes contraints.

Notre dernière activité de la saison a été la conférence de Bruno Guignard sur l’Histoire de la carte postale le 5 mars, puis nous avons dû renoncer à notre Bourse aux livres annuelle, à notre assemblée générale, à nos sorties pour visiter l’exposition Hélena Rubinstein au musée du quai Branly, le château de la Motte Tilly à Provins et le musée Camille Claudel à Nogent sur Seine, aux conférences de Sylvie Le Clech et Caroline Zum Kolk dans le cadre du cycle Enfances royales, à nos visites locales au Centre de la Résistance, de la Déportation, de la Mémoire, dans et hors les murs,  à la visite de l’exposition « Sous les jupons des reines » mise en scène par le château de Blois et enfin au voyage qui devait nous conduire dans les Pays Baltes, Lituanie, Lettonie,Estonie.

Le dé-tricotage de ces activités non réalisables, dans le pire des cas pour annulation et remboursement, ou dans le meilleur des cas pour report et réajustement, est un travail souvent plus complexe que le tricotage, mais il est vrai que le moral n’y est pas le même!

Grand merci à nos responsables d’activité qui ont du se coller à cette tâche.

Il est évidemment difficile d’annoncer une date de reprise. Croisons les doigts pour que septembre nous ramène la sérénité qui fait défaut aujourd’hui et permette la reprise d’une vie sociale moins contrainte par les mesures de sécurité et notamment, pour ce qui nous concerne, les distances minimales à respecter qui limiteraient considérablement la participation à la plupart de nos activités dont la convivialité, le plaisir du partage constituent les motivations fondamentales.

Certes aujourd’hui avec internet -et la disponibilité en temps engendrée par le maintien à domicile imposé- la plupart de nos adhérents ont pu virtuellement voyager, découvrir ou redécouvrir le monde, les monuments emblématiques, entrer dans les grands musées nationaux et régionaux et profiter librement des œuvres présentées.

Mais si cette approche personnelle et solitaire de la découverte du monde et de la culture constitue un précieux pis aller, elle ne peut en aucun cas remplacer l’objet social implicite que viennent chercher toutes celles et ceux qui adhérent à une association de quelque nature ou finalité qu’elle soit, la rencontre, l’échange, le lien social indispensable à l’épanouissement de la plupart des femmes et des hommes.

Et puis nous ne devons pas oublier que 15% de nos adhérents ne disposent pas et ne disposeront sans doute jamais de cet outil d’échappement et d’évasion des temps modernes et que pour certains d »entre eux seul le silence a meublé les longues heures d’enfermement en soi que générait l’interdiction de fréquenter les autres.

Mais le château qui nous est cher vient de re-ouvrir ses portes, le soleil est au rendez-vous et l’été se profile.

Le moral va donc revenir. Nos échanges doivent se poursuivre selon des modes qui sont peut-être à réinventer car il n’est pas toujours facile de reconnaître de prime abord la personne que cache le masque qui nous fait face !

En attendant ce plaisir de vous retrouver, j’espère dès septembre, je vous souhaite un très bel et bon été et hauts les cœurs !

Très cordialement.

Le président

Jacques TORSET

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Principales pandémies de l’histoire
Année(s) Nom Nombre de
morts
Agent
165-180 Peste antonine 5 millions Virus de la variole
541-542 Peste de Justinien 30 à 50 millions Bacille de la peste
735-737 Épidémie japonaise de variole 1 million Virus de la variole
1347-1351 Peste noire 25 millions Bacille de la peste
1520 Épidémie européenne de variole 56 millions Virus de la variole
Années 1600 Pestes du xviie siècle 3 millions Bacille de la peste
Années 1700 Pestes du xviiie siècle 600 000 Bacille de la peste
1817-1923 Pandémies de choléra 1 million Vibrion cholérique
1855-1920 3e pandémie de peste 12 millions Bacille de la peste
1889-1890 Grippe russe 1 million H3N8 – Grippe A
Fin des années 1800 Fièvre jaune 100 000 à 150 000 Virus de la fièvre jaune
1918-1919 Grippe espagnole 40 à 50 millions H1N1 – Grippe A
1957-1958 Grippe asiatique 1,1 million H2N2 – Grippe A
1968-1970 Grippe de 1968 (ou de Hong Kong) 1 million H3N2 – Grippe A
1981-… Sida 25 à 35 millions VIH
2009-2010 Grippe A de 2009 151 000 à 575 000 H1N1 – Grippe A
2019-… Covid-19 318 465 (à mi-avril
2020)
SARS-CoV-2