Le mot du Président:

Septembre 2019

Chers amis du Château et des Musées de Blois,

La grande commémoration du 500è anniversaire de la Renaissance en Région Centre-Val de Loire vient de connaître ses heures les plus chaudes,  au niveau météo bien sûr, mais plus fondamentalement en terme de médiatisation avec une étonnante mobilisation des supports régionaux, nationaux et internationaux et des réseaux sociaux, et en terme   d’affluence avec des taux de progression significatifs  du nombre d’entrées sur les nombreux sites participant à la manifestation.

On peut d’ores et déjà augurer d’un bilan très satisfaisant et même flatteur de cette grande opération médiatique, touristique, historique et culturelle pour ses concepteurs, ses décideurs, ses réalisateurs.

Mais le plus remarquable n’est-il pas l’engagement du public, local, régional mais aussi national et international dans ce spectacle historique dont la scène avait pour cadre une région entière !

Nul doute que la mobilisation exceptionnelle au niveau politique, institutionnel et médiatique ajoutée aux efforts d’une programmation souvent remarquable sur les sites ait incité à ces découvertes ou redécouvertes pour un public large et varié aux attentes diverses.

Mais il est aussi à noter que ce regain d’ intérêt pour notre patrimoine historique et culturel intervient  juste après le choc brutal, violent et douloureux ressenti dans le monde entier lors de l’incendie de la cathédrale de Paris les 15 et 16 avril.

Y-aurait-il un syndrome Notre Dame de Paris ?

C’est un peu comme si soudain chacun, où qu’il soit né, quelles que soient  ses croyances et  son appartenance, venait de recevoir la révélation de la beauté et de la fragilité mais surtout de l’indissociabilité de sa vie du patrimoine auprès duquel il vit, qui a modelé sa conscience et sa façon de vivre et dont il découvre subitement qu’il ne le connaît pas ou mal, qu’il peut disparaître et qu’il lui faut le protéger.

Alors quand au lendemain d’une telle tragédie on propose un exceptionnel retour sur l’une des plus extraordinaires périodes de l’histoire -de celles qui ont façonné l’humanité-, de revenir sur les plus grands moments, les plus grandes réalisations de la Renaissance, tous ceux dont c’est le berceau, et d’autres aussi, accourent pour revisiter leur passé, se réapproprier les bases de leur propre culture et repartir apaisé.

Il semble difficile de vivre sans la conscience de ses racines et de son attachement au processus d’évolution culturelle qui légitime sa propre existence, chacun restant libre, lorsqu’il l’a identifié et reconnu comme sien, de le rejeter ou l’agréger à  sa vie.

Mais nous n’allons pas brûler une cathédrale ou un autre site emblématique tous les 50 ou 100 ans pour raviver le sentiment d’appartenance de notre communauté à une histoire et une culture!

Confions à l’école, aux  institutions, aux sites, aux associations, et donnons à chacun d’entre nous  la mission d’évolution ou élévation de notre conscience collective d’appartenance à un tout indissociable qui englobe notre passé, notre présent et dessine les grandes lignes de notre avenir.

Bien sûr on ne peut prédire ce que sera le monde et l’état d’esprit de la communauté humaine dans quelques millénaires, la place accordée à l’histoire de la planète, le sens donné au régionalisme élevé au rang du continent. Sans doute le mode de vie, les découvertes et évolutions associées rendront « moyenâgeuse » voire « préhistorique » l’évocation de nos deux premiers millénaires…

Mais revenons sur notre bonne terre de Blois et à nos actualités.

L’aménagement du jardin sur la terrasse du Foix apporte une indiscutable note de fraîcheur et de quiétude au château (notamment par temps de canicule) et redessine entièrement cet espace en mettant en valeur la tour astronomique de Gaston d’Orléans dans son revêtement de tuiles de bois et la tour du Foix.

Cet ensemble de verdure attire le visiteur dans cet espace extérieur du château, ce promontoire, d’où la ville et la Loire alanguies s’offrent à lui.

La chapelle toute proche bénéficie actuellement d’une réorganisation de son espace en vue du prochain accueil  du transi de Catherine de Médicis. Notre association prend en charge dans le cadre du mécénat, le coût des travaux de dépoussiérage et déplacement  des 3 sculptures exposées en ce lieu : Piéta, Saint Sébastien et Sainte Barbe.

Enfin vous trouverez en pièce jointe le programme de nos activités pour les quatre derniers mois de 2019. Autant d’occasions pour le plaisir du partage et de la convivialité.

Très cordialement.

Le Président

Jacques TORSET