La Gazette

Septembre 2018

Chers amis du Château et des Musées de Blois,

Les 15 et 16 septembre prochains les 35èmes journées européennes du patrimoine sonneront l’heure de la rentrée pour tous les passionnés de beaux sites, vielles pierres, belles demeures, beaux livres, coutumes et traditions, les gardiens de la sauvegarde d’un passé pourtant à jamais révolu, légué par les générations qui nous ont précédé et dont notre mémoire collective conserve un souvenir auréolé, entrelacs diffus d’appartenance communautaire, d’histoire et de vécus communs, d’attachement personnel et de sentimentalité.

Le patrimoine culturel qu’il nous faut transmettre intact aux générations futures quel qu’en soit le propriétaire ou le détenteur est érigé en  bien commun à une collectivité, à une nation ou à l’humanité toute entière.

Outre les propriétaires privés, associations et fondations diverses, la défense et la valorisation de notre patrimoine national est assurée par l’Etat, et depuis 1996, par la Fondation du patrimoine, organisation privée créée par la loi et dédiée à la préservation du patrimoine de proximité notamment rural non protégé par l’État.

2 750 dossiers sont actuellement inscrits dans les projets de la Fondation au niveau national. 138 concernent des sites de la région Centre-Val de Loire et une vingtaine le département de Loir-et-Cher.

En dépit de l’importance des sommes consacrées, les moyens manquent tant le besoin est immense.

Pour compléter ces dispositifs, la Présidence de la République a missionné Stéphane BERN, en septembre 2017, pour identifier et sauver le patrimoine en danger. 2000 sites ont été répertoriés par cette mission, 251 projets de restauration ont été retenus (14 pour le Centre-Val de Loire et 3 pour notre département1) et parmi eux 18 sont classés prioritaires (1 dans notre région2).

Une souscription est dores et déjà ouverte, un jeu à gratter et un loto (dont le tirage aura lieu le 14 septembre) labellisés patrimoine sont lancés pour financer ces projets.

Pour l’heure les résultats restent insuffisants…mais comme on a pu le lire dans le magazine Le Point : « Des ponts et des pigeonniers, des abbayes et des fontaines, des théâtres et des synagogues, des manufactures, des remparts, des arsenaux, des orangeries, des serres, des moulins, des viaducs, des forges, des châteaux, des églises surtout, par centaines… Plus de deux mille monuments, photos et description des lieux à l’appui, figurent déjà dans les cahiers de doléances ouverts par Stéphane Bern. Et, chaque jour, la liste s’allonge, dessinant la carte d’une France éblouissante, à la richesse patrimoniale infinie, mais d’une France en ruine. »

Véritable tonneau des Danaïdes, la sauvegarde et le maintien de notre patrimoine nécessiteront sans cesse toujours plus de ressources, chaque siècle ajoutant ses propres vestiges à la longue liste en provenance de son passé.

Aurons-nous toujours les moyens de cette sauvegarde totale à laquelle nous aspirons ? Nous faudra-il renoncer à sauver notre patrimoine historique et culturel dans son intégralité ? Sera-il économiquement réaliste d’intégrer dans le patrimoine à sauvegarder tous les vestiges d’un passé souvent longtemps méconnus ou délaissés ?

Bien sûr le temps restera le maître d’œuvre et assurera la sélection en quantité et en qualité des éléments à sauvegarder. Les catastrophes naturelles, les conflits, la stupidité humaine, le laxisme renverront au néant une part des vestiges que l’humanité se sera efforcée de sauvegarder.

Aujourd’hui déjà mais demain plus sûrement l’imagerie numérique, permettra à chaque habitant de la planète de disposer chez lui des outils générant la restitution en splendeur et en toute dimension de l’ensemble des œuvres, sites et monuments du monde entier.

Ces visites virtuelles spectaculaires, documentées et bon marché se substitueront-elles au plaisir des déplacements in situ ?

Sera-t-il plus agréable de visiter ainsi le Louvre, hors du bruit et de la foule, et d’admirer les charmes de la Joconde sans avoir à contempler l’arrière de tous ces crânes impatients et en mouvement qui se massent et s’entrechoquent pour tenter d’entrevoir à plus de 20 mètres le tableau du maître ? ….

Aujourd’hui encore la visite de notre Château Royal, tablette numérique en main, reste un moment privilégié qu’il nous faut savoir apprécier et qu’il nous faut …sauvegarder.

Alors à très bientôt à l’occasion de nos prochaines activités présentées sur le programme joint.

Très cordialement.

Le Président Jacques TORSET

Cliquez ici pour consulter le programme prévisionnel 4e trimestre 2018